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Week-end PASCAL et decizois !

En ce vendredi 14 avril 2006 je termine ma journée de travail à 13hoo, et je suis censé réceptionner ma nouvelle machine à laver en début d’après-midi. Mais finalement les livreurs de chez Darty (sorte de Laurel et Hardy d’Afrique du Nord) en ont décidé autrement, eux qui me contactent ce matin vers o7h15 pour me dire qu’ils passeront me livrer un peu plus tard dans la matinée ; c’est en fait une bonne chose, puisque cela me libère l’après-midi sans pour autant me mettre en retard pour partir au boulot. L’après-midi, justement, sera consacrée à la préparation de ma valise en vue du week-end pascal à Decize, ainsi qu’à diverses activités pratiques : (1) chercher mon planning de la semaine suivante chez Langues et Entreprises, (2) récupérer des affaires au pressing pour Sandra, (3) passer déposer lesdites affaires chez elle et enfin (4) y prendre possession de la cage de Pooka pour son transport en train de Paris à Decize le lendemain. De retour de tout cela, j’en profite même pour faire une bonne sieste réparatrice, en sachant que je vais aussi assister au concert de Nina Van Horn à l’UTOPIA à 22h3o, concert qui se terminera vers 2h3o du matin – au bout du compte, et en fin de course, je me suis donc couché vers o3hoo et levé le lendemain (si l’on peut dire) vers o7hoo avec une musique entraînante et un petit mal de tête en prime ! J’ai également contacté, en ce vendredi 14 avril, mon ami Nicolas Plachinski, que je devais voir vers Censier à 17hoo, pour lui dire que ce ne serait finalement pas faisable, mais ce n’était que party remise...

Samedi 15 avril 2006. Mon train part de la Gare de Lyon à o8h47 (il sera à l’heure), mais je prévois comme à mon habitude d’arriver en avance, sage décision en ce week-end traditionnellement très chargé. De fait, le train est complet, mais je dispose d’une place assisedans un compartiment. Je suis assis aux côtés d’un monsieur qui a aussi un chat dans une cage, et je laisse sortir Pooka comme à l’accoutumée lorsqu’elle prend le train. Lorsque je suis entré dans le compartiment, une dame s’est exclamée : Ah il y a deux chats ! Je suis allergique, alors je ne reste pas ici ! Un chat c’est limite, mais alors deux ! Du coup, elle a libéré une place à côté de moi, et j’ai pu y poser la cage de Pooka, et conséquemment voyager avec tout le confort nécessaire. Le voyage s’est bien passé, et le couple qui était assis en face de moi a beaucoup aimé ma petite Pooka. Mais qui ne l’aime pas ? Même mes parents, pourtant pas fervents partisans des animaux familiers, adorent Pooka, qui, il est vrai, est toujours très calme quand elle est chez eux. Arrivé 9a871f3e6d0cc543fdf069a39d859e03.jpgà Nevers, je dispose de 30 minutes avant de prendre la correspondance, et je vais donc me prendre une petite noisette au café de la gare. Après quelques gorgées je commence à me sentir tout drôle, et je file fissa aux toilettes, pas très en forme ; je me sens livide et je me demande si je ne vais pas tomber dans les pommes en route. Je rentre finalement dans les toilettes et m’appuie sur le lavabo ; j’essaye difficilement de rentrer8f8c8eced9c259818f4bc99697639eb5.jpg dans une cabine, que je pense être verrouillée. Juste à ce moment là, le-monsieur-qui-était-assis-en-face-de-moi-dans-le-train entre et me demande si je vais bien avant de pousser la porte de ladite cabine qui était en réalité ouverte. Il en ressort bientôt, et je prends sa place, soulagé de pouvoir ôter ma veste et mon pull-over et de pouvoir m’asseoir quelques instants. Au bout de 3 minutes, la serveuse frappe à la porte et me demande si tout va bien ; je réponds que « oui, ça va mieux », et je comprends que le-monsieur-assis-en-face-de-moi-dans-le-train a demandé à la serveuse de venir s’enquérir de ma santé. Merci à lui. Je me sens maintenant beaucoup mieux mais, du coup, l’heure a tourné et je suis obligé de me hâter de sortir, de payer mon café et de marcher à vive allure pour monter dans un TER bondé, en direction de Decize. Je me retrouve debout au beau milieu d’une cohue de voyageurs pressés et instables ; une jeune femme tente par tous les moyens d’éviter de s’accrocher à moi lorsque le train tourne ou freine brusquement, pour se confondre en excuses lorsqu’elle n’y arrive pas. Tout le plaisir est pour moi ! Je porte mon casque Sennheiser HD-433 sur les oreilles, relié á mon bel iPOD-nano noir brillant, qui diffuse en boucle le dernier disque de Manset, OBOK. 

d0412e87445312561521f323e5e6f9e2.jpgRhâââ ! Fauvette, c'est long, fatiguant, malsain, boueux, interlope, urbain mais pas policé, expressif et agressif, mais rentré ; pour moi ce titre fait naître une foultitude d'images, il est très évocateur. C'est un titre visuellement très impressionniste et musicalement très impressionnant : Hop, une petite touche de bleu, Hop, une petite touche de blanc, Hop des ch'tites loupiotes multicolores, et surtout des métaphores uniques. Ce “chacal en manque d’amour qui lève une charogne”, il faut le faire, les arbres tout blanc qui ressemblent à des cigognes hautes perchées, il fallait le trouver... Mais, s’il est expressif, c'est peut-être quand même aussi le titre le plus dépressif du CD. Manset explore l'âme humaine, sans vraiment juger, juste pour dire : nous sommes ainsi - et ce n’est pas toujours beau à voir. Sinon, au niveau de l'ambiance, ça me fait penser (mais en très différent) à Banlieue Nord, voire à Camion Bâché, pour les évocations et la poésie. Et puis ce titre, c'est une étude sociologique à lui tout seul ! 

Bref, le temps passe ainsi assez rapidement, et je me retrouve vite fait à la gare de Decize, où je retrouve mon bon samaritain (le-monsieur-assis-en-face-de-moi-dans-le-train), que je vais remercier chaleureusement. Je lui/leur souhaite un bon week-end et je traverse la passerelle menant de l’autre côté des voies. Mon père et ma tante sont venus m’accueillir ; je suis bien content d’être enfin arrivé et de retrouver ma famille pour ce long week-end de fête. Mon frère Fabien et sa copine Vanessa sont, eux, arrivés la veille. La maison familiale et parentale a encore changé depuis Noël, et son côté cosy et chaleureux s’accentue encore et encore, ce qui me plait de a7aab3ed5cbde8cc8a529f3b813a7688.jpgplus en plus. Avant toute chose je m’occupe de Pooka (litière, croquettes) puis je dis bonjour à tout le monde et m’installe un lit de fortune dans une piècenon encore terminée. Je me plonge ensuite dans l’arbre généalogique de ma famille maternelle et il est temps de prendre un petit apéro bienvenu avant que de déjeuner. Manger me fait du bien, et je suis ravi de retrouver l’ambiance familiale, à laquelle je n’avais pas goûté depuis Noël. Nous finissons de manger vers 15hoo, et nous avons cet après-midi un programme à tenir : (1) sortie en ville pour que Fabien et Vanessa achètent un cadeau à Bernadette dont c’est l’anniversaire ce jour, (2) achat du dernier Paris-Match qui contient un fort intéressant article sur Manset, et enfin (3) apéro amélioré avec d'autres membres de ma famille vers 18h3o, à la maison. Lorsque ces derniers arrivent, pile à l’heure, ils tombent littéralement amoureux de Pooka, qu’ils n’avaient jamais vue ! L’apéritif dînatoire est royal, et, nos invités partis, nous enchaînons avec le repas du soir, à l’issue duquel nous dégustons un excellent gâteau Lenôtre (chocolat-framboise) et célébrons comme il se doit l’anniversaire de Bernadette (55 ans) avec l’aide d’un petit Mousseux très appréciable ; Fabien et Vanessa lui ont finalement acheté un livre, et je lui ai quant à moi offert le dernier CD de Manset (quelle surprise !) Je me couche pas trop tard, en écoutant La Voie Royale sur l’iPOD. 

8410508375f4e35877548317a003ce90.jpgRhâââ, le passage où Manset reprend la phrase "Mais tout ne l'est-il pas ?", avec sa voix de basse, pour évoquer la vacuité de toute chose, et donner à ce magnifique titre une coloration Bouddhiste qui me touche, forcément... Le côté vain, vicieux et vicié de notre société, il saute aux yeux de qui réfléchit 30 secondes ; encore faut-il (1) prendre 30 secondes et (2) réfléchir. Deux activités qui se raréfient.  J'ai une conscience aigüe de ces carcans, de ces réflexes pavloviens auxquels je suis constamment soumis, et je ne me fais plus AUCUNE illusion sur la nature humaine (à l'exception de quelques éveillés qui sont rarissimes) ni sur les conditions dans lesquelles je vis (société de consommation -- pourquoi produit-on des biens formatés pour devoir être remplacés au bout de 3 ans alors que j'avais une machine à laver AEG qui fonctionnait depuis 25 ans ??) - MAIS, en ayant conscience, je peux CHOISIR de m'y plonger ou PAS. La vraie liberté c'est aussi de choisir de faire quelque chose en pleine conscience, même si l'on sait que l'on joue un jeu de dupe. La prise de conscience, là est notre salut. C'est une étape absolument nécessaire à un sursaut, sinon à un réveil. Mais, vous voyez, face à cette prise de conscience, même un Manset préfère les repères de son Saint-Cloud natal (c'aurait pu être Etampes ou Decize) au choix permanent et définitif et effrayant de passer de l'autre côté. De devenir moine bouddhiste par exemple... De se soustraire à ce monde de faux-semblants. Mais il faut croire que c'est pas si facile que ça... nous sommes tous les mêmes après tout, tous humains... Alors je serai le dernier à lui jeter la pierre ! 

Dimanche 16 avril 2006. Lever vers 1ohoo afin d’aller assister à la Messe pascale avec Bernadette  et ma grand-mère polonaise de 93 ans, toute surprise de me trouver là ! Je suis venu en partie pour elle, et en partie pour profiter de l’ambiance religieuse et spirituelle de ce jour saint, qui ne me dit pas grand-chose dans l’absolu, n’étant pas croyant, mais duquel j’ai nonobstant retiré quelques enseignements spirituels : il y a toujours des choses positives et constructives à piquer de-ci de-là pour qui est suffisamment ouvert d’esprit. Nous rentrons en voiture, et nous passons à table pour déguster les mets raffinés préparés avec soin par ma mère en ce dimanche de Pâques. Nous passerons ensuite dire (re)bonjour à ma grand-mère dans l’après-midi, et elle nous racontera un peu de son passé comme accompagnatrice de colonies de vacances co-organisées par l’Ambassade de Pologne en France et par la Croix-Rouge polonaise. Je trouverai ma grand-mère fatiguée et lasse. Je devrais l’appeler plus souvent, et je devrais aussi revenir la voir prochainement. Paris-Decize, ce n’est vraiment pas si loin que cela... 

Le soir nous regardâmes l’émission On ne Peut pas Plaire à Tout le Monde, dans laquelle les gesticulations médiaTOC du couple Seignier-Dubosc me donnèrent sacrément mal à la tête. Je filai donc me coucher Hey, Presto ! en compagnie de l’inégalable Pooka et de l’inaltérable Manset

Lundi 17 avril 2006, je me lève á 1ohoo et je prends une bonne douche. Vers 11h3o, nous recevons un coup de fil de mon oncle Jacques, qui se retrouve seul à Dijon, et qui aimerait bien nous rejoindre de façon impromptue ! A la bonne heure ! Plus on est de fous, plus on rit ! Mais pour l’heure justement, et comme le temps s’est mis au beau, Bernadette, Vanessa, Fabien et votre serviteur décidons de sortir faire un petit tour à pied (sur ma proposition) dans le quartier. Nous croyons apercevoir dans le ciel, volant au-dessus de nous, des cigognes,mais elles se révéleront n’être que des tapons... [ NDLR : hérons, hérons petit, pas tapons ! ] Ah oui, des hérons, pardon ! Mais ce n’est pas si mal e18e2c78dd7e7988f9f09dfb8e378f43.jpgquand même. Nous passons à table, et soudainement on sonne à la porte ! C’est Jacques qui arrive ! Il est 14h3o, il arrive juste à temps pour le dessert (une délicieuse salade de fruits préparée par Bernadette) et le café, que nous (Fabien, Vanessa, Jacques et Nicolas) prenons sur la terrasse. Il fait beau, mais frisquet. Le reste de l’après-midi se passe mollement, dans l’attente des départs : Fabien et Vanessa prennent le train de 17h57, je les accompagne á la gare, où je retrouve, double et extraordinaire coïncidence, à la fois une de mes cousines ET le-monsieur-assis-en-face-de-moi-dans-le-train, qui repart pour Paris ! Je lui souhaite bon voyage sous l’œil ahuri de Fabien et Vanessa (ils ignorent qui est ce brave homme) et je rejoins rapidement ma cousine qui achète son billet de train pour rentrer sur *** le lendemain ; avant que leur train ne parte, je re-file dire au-revoir à Fabien et à Vanessa sur le quai, avant que de rentrer à la maison pour finaliser ma valise. Je repars avec des précieux souvenirs et des cadeaux : deux petits ballotins de chocolats (Hummm) ainsi qu’un rondin de bois du jardin (Hummm, ah non, pardon !) pour que Pooka y fasse ses griffes. Pooka, qui sera très sage durant le trajet du retour, dans sa cage pour cause de train Corail-TEOZ bourré à craquer. Heureusement, j’ai toujours mon iPOD dans la poche, et, à nouveau, Manset, pour m’accompagner musicalement.

ff4a486afb0c89be18ee07ee6080f528.jpgPas mal de petites choses (telles des inflexions de voix, des arrangements, des phrasés de guitare) me rappellent ses chansons précédentes, mais je le vois personnellement plus comme des clins d’œil et aussi comme la résultante du sillon qui se creuse, que comme de l’auto-plagiat. J'avais déjà eu peu ou prou cette impression avec le Langage Oublié, l'album du retour aux sources, il y a deux ans. Et puis les chansons de Manset se sont toujours plus ou moins répondues, vu que ses thèmes de prédilections ne changent guère. Curieusement, et peut-être n'est-ce pas un zazard, ces références ont pour objet des chansons mises au pilon, si bien que pour une oreille neuve l’impression qui se dégagera de Obok sera fatalement différent de celle produite par un connaisseur. Je pense que, consciemment ou non, il envoie des signaux aux vieux marins que sont ses fans de la première heure, il refait briller des vieilles étoiles que l'on croyait éteintes, il remet en route un ancestral phare, comme un clin d’œil réservé aux initiés... Il n'est d’ailleurs guère étonnant que Manset nous livre un petit fascicule en cadeau bonus de son Obok, si l'on considére que ‘OBOK’ est justement l'anagramme de ‘BOOK’ !  

J’arrive à la Gare de Lyon vers 21h15, et, le temps de sortir du hall encore peuplé des vacanciers de retour de leurs tribulations pascales, le temps de prendre le Métro 14 et ma correspondance à Madeleine, le temps de marcher de La-Motte-Picquet jusqu’à chez moi, et il se fait déjà 22hoo. Porte-à-porte, je me dis que j’aurais finalement mis quasiment 4 heures pour revenir... Je défais ma valise. Je mange un ou deux chocolats. Je sauvegarde les photos du week-end sur mon ordi ; je recharge l’iPOD. Je mange un ou deux chocolats. Je jette un oeil distrait á la télé -- je tombe sur Canal+ sur Brice de Nice, qui me sidère littéralement par sa bête nullité, par sa stupide platitude. Je mange un ou deux chocolats. Puis je vais rejoindre Morphée, accompagné de Pooka, toujours très sage. Je mange un ou deux chocolats. Demain, journée heureusement relativement cool chez Schlumberger, à Clamart. Pas besoin de marcher sur des oeufs !

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