12 septembre 2008

Pape et Musique

Vendredi 12 septembre 2008 | Journée light pour cause d'annulation d'un cours de fin de journée. Du coup je me rends directement depuis Le Bureau sis avenue de France jusqu'à l'université de Censier, où m'attends *** ; on se retrouve dans la cour - ça me rappelle mes années d'études d'anglais il y a... 15 ans ! - et nous nous mettons en route pour la Taverne de Cluny, point de chute habituel lorsque nous 12092008159.jpgnous retrouvons. En chemin, nous nous rendons compte que le quartier est bouclé, des cars de CRS alignés nous laissent supposer qu'un évènement de première importance aura lieu là incessament. Après avoir requis des informations auprès de CRS, nous apprenons que c'est le Pape Benoît XVI qui est attendu à Notre-Dame dans peu de temps. L'occasion de voir un Pape est trop belle, et nous suivons donc, goguenards, la foule dense qui rejoint les quais de Seine pour assister au passage de la PapaMobile... Ambiance enjouée, une vraie attente, des jeunes juchés sur des épaules, des appareils photo sur le qui-vive, des cris, des bousculades lorsque surgit le Saint-Père, tout sourire, dégageant bonté et bienveillance dans la PapaMobile. 5 secondes pour rester interloqué, surpris par ce qui se dégage de cet homme placide et bonhomme. Marche, comme dans un rêve, jusqu'à la Taverne de Cluny, où des bières fraîches nous permettent de nous remettre de nos émotions. Même si la Pape n'évoque pas grand-chose pour moi, je me surprends à me prendre au jeu, et suis surpris de constater que la vision ne me laisse pas indifférent. Hélicoptère tournant comme un frelon métallique au-dessus de la foule, ferveur quasi-tangible, vision onirique ; le Saint-Père, tout de blanc vêtu, la PapaMobile improbable, la foule des grands jours...

Nous décidons de regagner le 15e pour assister au concert de Tomasz, qui joue au Celtic Corner. On s'embrasse, peu de temps pour parler - mais je le reverrai lors de sa soirée d'anniversaire à Rueil prochainement - et découverte de nouveaux peupladiens très sympas qui ne perdent pas de temps pour tomasz-novambre-2.jpgdraguouiller deux jolies jeunes femmes attablées à côté de nous. Le concert est magnifique. Tomasz est en forme, sa voix aussi ; l'ajout d'un violon et d'une percussion rend les compos encore plus poignantes... Je me surprends à fermer les yeux et me laisser emporter par ces chansons que je connais et qui prennent une autre résonnance... On discute un peu, on profite de la douceur nocturne et à plus de minuit, nous regagnons une station de taxi afin que *** puisse rentrer dans le nord de Paris. Soirée surprenante, donc, pleine de surprises inattendues, d'émotions fortes, avant de rejoindre les bras de Morphée pour être en forme lors de la journée que je passerai au Forum des Associations du 15e le lendemain. Mais le lendemain, c'est aujourd'hui déjà. Retour dans mes pénates au son de Manset, une chanson qui passe en boucle dans mon iPod depuis 2 jours... Voilà un vendredi soir comme je les aime, ça faisait longtemps que je n'avais pas passé un aussi agréable moment...

19 septembre 2006

Bonbons et Bobos

medium_cerveau_intro.jpgJ'ai un peu de mal avec les notions de beau et de bon. Ce qui est bon pour l'un ne l'est pas forcément pour l'autre, et on a beau dire, les canons de la beauté ont pas mal variés avec le temps... C'est notre cerveau qui interpréte ce que nous percevons de la réalité selon notre vécu, notre culture ou nos expériences passées. Au niveau de la nourriture par exemple, notre goût se forme petit á petit, et le palais s'éduque á mesure de nos expériences gustatives ; en fait, notre cerveau apprend á associer le concept de "bon" avec des sensations pas forcément agréable de prime abord... Par exemple on apprend á aimer (ou pas) l'acidulé, alors que le sucré ou le salé vont davantage de soi. Tout cela se joue bien évidemment assez tôt dans nos existences.
 
L'expression "Oh, comme c'est beau !" signifie en réalité "Oh, comme JE TROUVE que c'est beau !", ce qui est, convenons-en, fort différent. Mais cela va plus loin : en ces temps de pensée unique et de bipolarisation (voir la sortie de François Bayrou á propos du formatage politique revendiqué assumé par Etienne Mougeotte de TF1), il peut être salvateur d'exprimer UNE opinion, la nôtre, et de la verbaliser comme telle, plutôt de d'asséner un jugement péremptoire et définitif sur ce qu'il convient de trouver beau ou bon. Et tout cela va même encore plus loin ! Sachons aussi accueillir les avis d'autrui comme l'expression de leur individualité propre sans juger, sans toujours tout ramener á ses critéres personnels, bref, en sachant simplement ECOUTER (ce que l'on nomme Ecoute Active, concept qui se retrouve dans des pratiques comme la Communication Non Violente pour ne citer qu'elle).
 
medium_cerveau.jpgSachons retrouver un juste milieu, une qualité de nuance que notre société abétissante cherche á abolir, notamment par le truchement des Médias de Masse. Car le langage refléte la pensée (voir sur ce sujet les livres de Claude Hagége sur la montée en puissance de l'anglais qui conduit á une mise en minorité, á un appauvrissement des autres langues) et plus notre langage sera simplifié (voire simpliste), plus notre capacité á produire des pensées subtiles s'étiolera. L'on sait (études scientifiques á l'appui) que les pensées évoluées ne se conçoivent pas sans l'aide du langage. Sans langage précis et nuancé, point de réflexion précise et nuancée.
 
Et alors, á qui profite le crime ? Aux démagos de tous ordres, aux Rois de la communication, aux "Seigneurs du vent", comme le chante Guy Béart. Et moi je m'insurge contre ce polissage pas trés sage de nos cerveaux, ce qui produit en outre un effet pervers en diable : la moindre opinion un tant soit peu discordante donne lieu á des critiques assassines, á de furieux réglements de compte, á des tirs de barrage parfois violents et physiques. Voir la conférence universitaire du Pape, et ses citations anciennes qu'il ne reprenait pas á son compte, mais que des éxégétes pas trés catholiques n'ont pas pris la peine d'analyser et de remettre dans leur contexte, pour s'empresser de n'en extraire que ce qui les arrange et ainsi auto justifier une violence qui est justement en contradiction flagrante avec les préceptes les plus élémentaires de la religion qu'ils croient défendre en la dénaturant par des actes moralement (pour ne pas dire religieusement) répréhensibles...
 
Je trouve que le bon sens est mort et enterré depuis longtemps et que nous ne faisons pas honneur á nos capacités extraordinaires en nous abaissant á ce qu'il y a de moins raffiné en nous. Vivent les libres penseurs, vivent les pensées non conventionnelles, vivent les différences !