10 février 2008

Bleu insondable

Il réfléchissait beaucoup ces temps-ci. Par petites touches impressionnistes, et le patchwork de ses pensées éparses se recombinait de jour comme de nuit, au détour d'un endroit familier ou d’une rue mal éclairée ; l’assemblage de ses réflexions vagabondes le surprenait toujours à un moment inattendu, lorsque son regard heurtait celui d'une belle inconnue, lorsqu’il surprenait fugitivement une étincelle de bonheur dans les yeux des passants, lorsqu’il croisait des amoureux insouciants, inconscients de ses propres fantômes, des affres de cette solitude qui le minait, doucement, insidieusement. Chaque sortie devenait une épreuve puisqu'elle délivrait forcément son lot de rencontres inopportunes, sa part de bonheur étranger et qui lui semblait si loin de sa vie actuelle. Un couple qui passait, et sa main se crispait sur quelque paquet de cigarettes, sur quelques clés tombées au fond d’une poche, sur quelque briquet glacé qui lui renvoyait comme un mauvais écho de sa propre vacuité, de sa propre misère affective. Une chanson autrefois partagée, un endroit jadis visité à deux, des souvenirs inoubliables s’immisçant à son insu dans le moment présent, et la douleur apparaissait, irrépressible et inaltérable et infrangible. Et le pas se faisait alors plus pressé, et le regard se brouillait, et les yeux se détournaient. Oh, ce n’était pas le regret d’une relation passée qui le minait à ce point, ce n'étaient pas les réminiscences amères d’un amour particulier qui ressurgissaient, bien qu’il eût connu ces sensations, déjà. Non, ce qui s’imposait à lui irrémédiablement, ce vague à l’âme nostalgique et puissant, c’était le manque d’une compagnie évidente, l’absence absolue d’amour, au-delà de tout souvenir précis ; la peine engendrée par le constat, simple et sans appel, que les rencontres fugaces ne faisaient que passer, que les regards parfois échangés seraient toujours sans lendemain. C’était ce sentiment imparable que sa vie serait à jamais privée de cette main qui serre, de ces bras qui enlacent tendrement, de ces regards étoilés inoubliables.

Ce qui faisait mal par-dessus tout, c’était l’idée que quoiqu’il pût arriver, le gouffre béant de la solitude ne saurait être comblé, que cette douleur physique ressentie ne saurait être apaisée. Que les sanglots refreinés resteraient à jamais bloqués dans l’absence d’écoute inconditionnelle, de compassion tendre et aimante. Il lui semblait que la vie avait désormais le goût amer et perpétuel du manque, que quoi qu’il arrive, une partie de lui-même le ferait constamment souffrir, comme un membre sectionné continue bien après qu’il a été coupé de faire mal, de rappeler qu’il n’est plus là, de faire prendre conscience qu’une partie de soi a disparu pour toujours et ne reviendra pas. Le spleen semble alors ne jamais vouloir disparaître, malgré tous les efforts déployés pour tenter de le repousser au-delà de la conscience, au-delà de la souffrance profonde et sourde qu’il génère. La perte semble alors submerger tout le réel, colorant de sa noirceur et de sa douleur toute autre sensation, toute autre tentative dérisoire et vaine de la masquer. Alors la vie n’a plus qu’à se dérouler tant bien que mal, jour après jour, minute après minute, tandis que l’on se raccroche à quelque minuscule fragment de légèreté, à quelque joie fugace, à quelque moment partagé, mais qui ne font que retarder le moment fatidique où le constat de solitude emplira à nouveau tout le réel, submergera derechef les frêles tentatives d’oubli, liquéfiera encore et encore toute velléité de se soustraire à ce manque existentiel. Celui-là redeviendra alors palpable, indicible et désespérant. Et la vie redeviendra invivable, et la douleur redeviendra insupportable, et les affres affolantes de la solitude réinvestiront jusqu’au prochain sursis la réalité. Et la peine sera capitale. Infinie et inconsolable.

04 novembre 2007

Reprendre la MAIN...

a3891eebdf04cf9e7322e8457a827cc5.jpgCe soir, sur Canal, il passe Prête-moi ta main, que j'avais vu au cinoche il y a presque 1 an jour pour jour... La question existentielle du jour est : vais-je regarder ce film à la télé ce soir, tout en sachant pertinemment quel effet dévastateur il aura sur moi, ou vais-je jouer l'intelligence de regarder autre chose, sortir, écrire, finir mon paquet de Marlboro et la bouteille de vodka, lire, classer mon courrier ? Telle est en effet la question, et, me connaissant, je crois que j'en connais malheureusement déjà la réponse... Souhaitez-moi juste une bonne remontée !
 
 

podcast
 

05 mars 2007

Plus DURE sera la CHUTE

Comme promis, David, ce petit texte t’est dédié. En espérant te revoir prochainement.

medium_blue_eiffel.2.jpgGuère envie d’écrire ce matin. Le week-end fut plutôt pas trop mauvais, pourtant. Surtout si l’on considère que le dimanche vers 2 heures du matin, ce n’est plus vraiment le week-end... Vendredi 2 mars 2007 au soir, une séance d'une heure de torture de stretching et abdo-fessier au Club Med Gym de Volontaires, qui me fait découvrir des muscles jusque là absolument inoffensifs ; samedi 3 mars 2007 au matin, une heure de jogging au parc Georges Brassens suivi d’un plaisant café avec quelques peupladiens coureurs ou pas, et après-midi passée en présence de mon ami chilien Sebastiàn, avec lequel j’ai fait un point sur son site Web, à la suite de quoi nous sommes allés manger dans un petit restau japonais de la rue de Lourmel. Après avoir dîné d’une excellente soupe et de non moins appétissantes brochettes, je repassai chez moi pour récupérer quelques affaires et je me mis en route pour le Champ-de-Mars, où j’avais donné rendez-vous à quelques peupladiens pour assister nuitamment à la fameuse éclipse de lune. J’arrivai sur zone vers 23 heures ; je discutai le coup avec quelques personnes, et je fus ravi de voir débouler Khazâd, suivi de peu par ma bonne amie M. Je passerai l’essentiel du reste de la soirée en leur très agréable compagnie, et ferai la connaissance du très sympathique D. par la même occasion. Quelques bouteilles sont ouvertes, et quelques petites choses sont grignotées. L’ambiance est fort conviviale, et je découvre avec plaisir de nouvelles têtes, qui émergent de temps à autre des duvets où elles sont plongées. La nuit est douce, bien que sur le tard il fera un tantinet frisquet, mais l’humidité finit par nous tomber dessus, assis que nous sommes sur la pelouse du Champ-de-Mars, qui porte d’ailleurs bien son nom ce soir, puisque nous sommes en mars et qu’une bonne âme a apporté du Champ’ ! Je m’éclipse moi-même vers 2 heures du matin, après avoir pu tout de même admirer l’orbe lunaire masqué par l’ombre de la Terre, en dépit de nuages farceurs et maraudeurs… Matinée du dimanche 4 mars 2007 cool, un peu de ménage, j’héberge une Listening Session de Blues à partir de 13 heures, à laquelle nous serons finalement 4 au lieu de 7, puisque nous compterons 3 défections, voire 4 pour cause de turbulences inopinées, mais cela est une autre histoire… Les invités ont très gentiment apporté des bonnes choses à manger, et je me suis fendu d’un petit mousseux.

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10 décembre 2006

Soirée HAUTEMENT Musicale !

Samedi 9 décembre 2006

Je me lève vers 10 heures 30, après n’avoir pas entendu mon radio-réveil, pourtant programmé à une heure raisonnable pour un lendemain de fête. Mais j’avais du sommeil en retard à récupérer ; il me semble qu’il m’en reste encore, d’ailleurs. Je vis avec un déficit de sommeil acquis, maladie chronique difficilement endiguable… Toujours est-il que je prends une bonne douche, brunche légèrement, passe quelques coups de fil, réponds à quelques méls, et m’occupe de deux ou trois petites choses ménagères pratiques. A 15 heures je me mets en route pour prendre un thé accompagné de quatre-quarts chez une amie dans le 16e, chez qui je reste presque deux heures, et qui me raccompagne en voiture jusqu’au Monoprix de Beaugrenelle. J’ai donc un peu de temps devant moi avant la soirée hautement musicale qui m’attend. Le programme ? Dîner-concert au Moulin à Café suivi de Bière-concert à l’Utopia, club de blues fameux et enfumé du 14e, près de Pernety. Je retrouve quelques peupladiennes, Cendrine, Caroline et Sophie au MàC à 19 heures 30. Les lieux sont occupés bruyamment par une horde de sauvageons des cités environnantes, roublards lascars qui passent leur temps à s’invectiver d’un bout à l’autre du MàC, causant moult lésions auditives aux pauvres et braves gens ayant la malchance de se trouver là. Fort heureusement, le Service de Sécurité du MàC fonctionne à plein, et, en à peine plus de temps qu’il n’en faut pour affréter un charter de clandestins, tout ce beau monde se retrouve expulsé manu militari, sans opposer trop de résistance, dois-je préciser. L’ambiance redevient plus sereine, et nous pouvons déguster notre tajine de poulet en toute quiétude. Nous pouvons même nous parler sans nous égosiller, si, si ! Bientôt le concert commence, c’est du reggae urbain pas trop mal troussé. Les tables et les chaises du MàC sont prestement déplacées pour aménager une petite piste de danse au milieu de la pièce. Piste de danse prise d’assaut par les membres du fan-club du groupe, qui commencent à sautiller et chanter à qui mieux mieux. Ambiance de folie, atmosphère survoltée et surchauffée. Quand il est près de 22 heures, nous quittons à regret cette liesse musicale et humaine pour rallier à pied l’Utopia, devant lequel nous attend Laurence, qui connaît déjà les lieux.

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05 décembre 2006

Ce PERSONNE, c'est quelqu'un...

medium_Paulo-Zenith.jpgLundi 4 décembre 2006. Lever à 7 heures, un tantinet difficile, mais après une bonne douche et 5 cafés (!) j’arrive à faire illusion surface et à m’embarquer dans un métro en partance pour Saint-Lazare. Il n'a pas eu de mal à se lever, lui au moins, ha ha ! Je reprends un café dans mon bistro habituel vers 9 heures, avant que de commencer ma journée à 9 heures 30. Journée administrative pour cause de fin de mois. Et 8 heures plus tard, un peu abruti, je me dirige vers ma société pour y prendre des docs en vue de mes deux jours de formation à Orléans mercredi et jeudi ; je dors sur place la nuit de la Saint-Nicolas, j’espère que tout se déroulera comme sur des roulettes et que ça ne va pas être ma fête ! Normalement, ça devrait aller. Je passe ensuite chez ED sur le chemin du retour, acheter de la litière et un stock de croquettes pour Pooka, plus quelques essentiels pour me sustenter, et je me prépare pour aller au Hard Rock Café assister à un concert de Monsieur Paul Personne... en personne ! Une Peupladienne fan de blues m’a très gentiment fait bénéficier d’une invitation pour deux personnes (elle y sera elle aussi, accompagnée de son boyfriend américain, Sam), et j’avais réveillé mon ami Nico ce matin alors que je buvais mon kawa au bistro pour l’inviter par télephone à assister à ce moment d'anthologie. Il ne s’est pas fait prier, d’autant que nous étions allé voir Paulo au Zénith de Paris tous les deux il y a bien 6 ans de cela... comme le temps passe vite... et nous avions adoré le show. Donc nous nous retrouvons nuitament à 4 devant le Hard Rock Café à faire plus ample connaissance, et j’apprends que Sam fait la même chose que moi : formateur d’anglais dans différents coins de la région parisienne ! Marrant. Evidemment, nous discutons musique et concerts. Vers 20 heures 30 nous rentrons boire un verre au bar, tout en admirant les lieux et les guitares accrochées aux murs. C’est un lieu sans véritable âme, mais la déco vaut vraiment le détour. Vers 21 heures nous descendons dans la fosse aux lions, et nous nous plaçons en position géostationnaire juste devant la scène, pile en face de l’endroit où Paulo va se placer. Ceci nous vaut d'ailleurs la présence inopportune et gênante de moult photographes guère discrets, plus ou moins amateurs, qui finissent par nous taper sur les nerfs. Mais Paulo est super décontracté, il nous annonce que ce soir nous allons assister à un boeuf monumental, orchestré par sa maison de disque à l’occasion de ses 25 ans de scène et de la sortie concomitante d’un double CD et DVD Live, qui passait d’ailleurs sur les nombreux écrans de l’endroit, pour nous faire patienter avant le concert.

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03 novembre 2006

Prête-moi ta MAIN...

Vendredi 3 novembre 2006. J’avais prévu une rencontre au sommet avec mes amis du TCR, et j’étais rentré en contact avec tout le monde ; seul me manquait le feu vert de Sèm, qui s’y était mise, au vert. Elle avait profité du 01 novembre (jour férié dont nous sommes tous férus) pour faire un long pont bien mérité, et je reçu de sa part un message me signalant son absence jusqu’à dimanche soir. Qu’à cela ne tienne, je ne voulais rien faire sans sa présence (surtout que genre de réunion plénière est finalement assez rare), et donc j’ai prévenu les autres compères que le rendez-vous était reporté à la semaine suivante. Normalement ça devrait toujours le faire, comme on dit. Du coup, je disposais de ma soirée ; après ma journée de boulot, je suis repassé à la maison et j’ai commencé de regarder The LadyKillers, excellent film des frères Coen, que je décidais d’enregistrer. Tom Hanks est innénarable dans ce film, et les autres acteurs de cette comédie raffinée ne sont pas en reste ! Mais je devais passer à L&E récupérer le planning de Sandra et le mien, et prendre des documents que je laisserai devant la porte de Sandra, non loin de chez moi. J'abrégeai donc  mon visionnage et je me couvrai d'un long manteau pour faire face au froid polaire qui s'était abattu sur Paris depuis quelques jours... Comme j’étais dans les environs de Javel, je me dis qu’un petit film me ferait certainement du bien, car je me sentais un peu seul ce soir, un peu désoeuvré, un peu déprimé. J’avisai un petit restau italien qui ne payait pas de mine Avenue Emile Zola, et je me fis un petit dîner tranquille (vers 19 heures, j'étais tout seul dans le restau !) avant que de rejoindre le MK2 Beaugrenelle. Je prévoyais d’aller voir PRÊTE-MOI TA MAIN, car les extraits que j’en avais vu laissaient présager une bonne comédie ; je me dis que j’avais le plus grand besoin d’un bon bol d’air frais et de me changer les idées. Après une bonne pizza agrémentée d’un petit rosé italien qui va bien, d’une mousse au chocolat et de l’obligatoire café, j’arrivai juste à l’heure au cinéma, je trouvai un siège pas trop mal placé, et Zou, place à la comédie ! 

medium_Prete-moi..._2.jpgEn réalité, ce film excellent est, certes, très drôle (plusieurs passages ont même été applaudis) mais il foutrait un peu le bourdon aussi que cela ne m’étonnerait pas… Les acteurs y sont tous très bons, à commencer par Chabat, toujours très juste et fin comédien, et surtout Charlotte Gainsbourg, réellement craquante en future femme de location qui fait tout pour se faire aimer du clan féminin (la famille très matriarcale de Chabat), puis tout pour s’en faire détester. La morale de cette histoire c’est qu’il faut bien sûr mieux s’assumer plutôt que de s’enfoncer dans des mensonges ravageurs. Mais le point central du film, c’est bien évidemment la véritable histoire d’amour qui va se nouer entre les acteurs de pacotille : le faux futur mari qui cherche à dégoûter sa famille de l’idée même d’un mariage, et la fausse future femme qui ergote sur son contrat et les heures supplémentaires passées à faire semblant d’être la femme idéale. Et là, par petites touches impressionnistes, qui font mine de ne pas y toucher, je me suis laissé toucher. Chabat devient amoureux de son actrice, qui, elle, se fiche royalement de lui et ne bosse que pour l’argent. Il y a quelques scènes vraiment émouvantes, comme ce vrai dîner, prélude à un début d’histoire d’amour, mais qui tourne court par la faute du patron de Chabat qui doit déménager ses meubles pour faire bonne figure lors d’un prochain contrôle fiscal. Il faut voir le visage dépité de Charlotte, qui comprend que le dîner va passer à l’as ; autre scène touchante, celle où Chabat tombe sur une cassette d’un enfant brésilien que charlotte a bien du mal à adopter. Nos deux loustics vont finir par s’aimer au grand jour pour ce qu’ils sont vraiment, mais les péripéties comiques du film sont réellement bien trouvées. Les second couteaux ont une consistance rare, et la famille au bord de la crise de nerf vaut le coup d’œil aussi ! 

medium_Prete-moi....jpgJ’ai en fait retenu de ce film les moments d’apesanteur, dans lesquels Chabat et Charlotte apprennent à s’apprécier mutuellement, se découvrent ; ces instants hors du temps sont très bien rendus, et les émotions subtiles parfaitement interprétées par les vrais acteurs de cette farce dramatique, qui finit (un peu trop vite et facilement) bien. Charlotte est resplendissante et vraiment mignonne. Je crois que pas mal du film repose sur ses épaules, du moins pour la partie dramatique ; Chabat endosse quant à lui avec une aisance déconcertante le rôle du clown blanc qui lui va si bien. C'est cette love story improbable que l'on voit s'esquisser sous nos yeux qui m'a vraiment le plus marqué. Les moments d'intimité entre les deux futurs vrais toutereaux qui ne s'avouent pas encore qu'ils s'aiment...  In fine, gros coup de blues sur le chemin du retour, dans le froid parisien et les rues tristes et ternes d'un mois de novembre glacial. Arrivée chez moi. Envie de coucher ces quelques sensations diffuses sur ces pages, en écoutant en boucle Are We In Trouble Now, de Mark Knopfler. Cette chanson belle à pleurer, récurrente les soirs de spleen, raconte une rencontre inattendue et inopinée, et les questionnements et les chamboulements qui en découlent. Les interrogations et les doutes. Mais la chanson, pour déprimante qu’elle puisse être musicalement (ah, cette ambiance country pesante et décalée, ces guitares plombées, cette complainte vocale...), finit bien, puisque les deux personnes décrites finissent par se trouver pour de bon. Je suppose (et je ne le sais que trop bien) que les sentiments suivent leur lent cheminement, que la vie va à son rythme, et nous suivons notre parcours personnel, ballotés entre rires et larmes, entre espoirs et désillusions...  pour enfin se libérer des craintes et des doutes ?

Mais je ne veux pas finir cette note à cœur ouvert sans vous dire, chers lecteurs, que demain est un autre jour et que la nuit se chargera, cela je le sais aussi, d’éliminer toute trace de blues et de restaurer le dynamisme et la vitalité qui me caractérisent. Demain sera fait d'autres rencontres, d'autres évènements (dont un moment de franche convivialité au ZOO, avec des gens de coeur) ; je crois que c’est une qualité que de se laisser porter par ses émotions et les vivre intensément, jusqu’au bout. C’est en étant triste que l’on apprécie à leur juste valeur les moments joyeux, et c’est en sachant que la vie n’est pas toujours joyeuse que l’on souffre moins lors des moments tristes…

15 juin 2006

Soirée amicale et conviviale

Mardi 13 juin 2006. J'avais convenu avec mon ami Nicolas de manger au Moulin à Café, endroit fameux s'il en est, qui fut déjà le lieu de belles rencontres et d'émotions musicales mémorables. En ce beau mardi quasi caniculaire (voir note précédente), je rentre de ma jounée de boulot, je prends une bonne douche, et je m'octroie une heure de sieste en prévision d'une longue soirée ; je suis un poil fatigué par la chaleur accablante de la journée ainsi que par quelques heures de sommeil en retard. La sieste fut donc fort bienvenue. A l'heure dite (19h00) j'enfourche mon vélo et pédale à vive allure jusqu'à Pernety, notre point de ralliement. Les cafés alentours sont remplis à ras bord de supporters de l'équipe de France de football, qui joue contre la Suisse ce soir. Mais le foot, peu nous chaut !

medium_Image001_-_modifiee.jpgNous marchons jusqu'au Moulin à Café, où nous dînons d'une excellente crêpe au fromage et jambon, agrémentée d'une véritable salade et arrosée de deux bières bien fraîches. Notre cuisinière d'un soir ne m'est pas inconnue, et Nicolas me dit la connaitre également ; pour l'anecdote, je l'avais déjà croisée au café Tournesol, près de Montparnasse, la semaine précédente, le soir où j'avais dîné avec mon frère et son amie Vanessa (excellente soirée, soit dit en passant). Le monde est bien petit ! Le fait est que cette personne est une ancienne de Paris III (Sorbonne Nouvelle), Université où Nicolas et moi avions fait nos études d'anglais il y a plus de 10 ans. Nous entamons la conversation avec Sophie, puisque tel est son nom, qui se rappelle effectivement de moi, et on sort dehors discuter le coup 10 minutes. Sophie est aussi dans la formation (école privée) et elle se trouve être en plus la secrétaire de TESOL, organisme qui organise régulièrement des journées à thème autour de la pédagogie de l'enseignement de l'anglais ; j'ai participé à quelques-unes d'entre elles. La coincidence est tout de même frappante ! Nous échangeons nos coordonnées, et on se dit au revoir, et qu'on se reverra sans aucun doute prochainement ici même.

medium_P9030001.JPGIl est presque 22 heures, l'heure tourne vite lorsqu'on passe un bon moment, et il est temps pour nous de rejoindre l'Utopia, à 10 minutes de là, pour assister au concert de Nina Van HORN, accompagnée de ses musiciens exceptionnels, fraichement de retour d'une tournée réussie en Pologne. Nous arrivons pour la balance, et commandons une bière pour patienter. Et bientôt les décibels percutent nos oreilles extatiques, les anciennes chansons très bluesy et rock'n'roll se mêlent aux nouvelles, et Nina me confirme que leur nouveau CD sortira le 12 septembre, accompagné d'un concert exceptionnel au NEW MORNING. Nous y serons bien évidemment ! Nicolas part après le premier set, et je reste jusqu'à la fin du second. Il est presque une heure du matin lorsque je quitte à regret ce lieu musical qui me fournit régulièrement ma dose d'émotions fortes. Je rentre en vélo en 15 minutes, et m'endors vers 2 heures, absolument heureux, et la tête encore pleine des émotions et des discussions de la soirée. Des moments d'échanges vrais et d'intimité partagée, des rencontres inattendues, une chaleur humaine et musicale authentique, que demander de plus ? Comment ça, que l'Equipe de France gagne ??

10 avril 2005

Wandering BLUES

Je n'suis qu'une âme en peine,

Qui traîne ses doutes sur cette route

 

Je n'suis qu'une proie du doute,

Qui rôde le long de la Seine

 

Je suis mon ombre, ce soir...

Sans l’ombre d’un seul doute,

Ma Belle m’a mis en déroute

Et je fuis mon ombre, ce soir…

 

Mon âme au bord de la déroute,

Je suis mon ombre dans la pénombre

 

Je n’suis qu’une âme qui rôde, qui maraude

Je n’suis qu’une proie du doute, j’n’y vois goutte

 

Je suis mon ombre, ce soir...

Sans l’ombre d’un seul doute,

Ma Belle m’a mis en déroute

Et je fuis mon ombre, ce soir…

 

Et dans la lumière blafarde de ces réverbères,

Si seul ce soir, besoin d'un bon bol d'air

 

Une chose est sûre, je n’suis pas clair,

Une chose est claire, je n’suis plus sûr

 

Cette nuit on s’est dit « C’est fini »

Et je maudis le noir de cette nuit

Dans laquelle je me perds sans espoir,

Et dans laquelle je pars, sans repère...

 

Et je marche dans cette nuit de malheur,

A la recherche des jours meilleurs…

 

Des jours meilleurs…