13 avril 2008

Cheuteumis ?

Dimanche 13 avril 2008 - J'ai tout de même succombé á l'appel du Nord, á l'appel des 17 millions de tickets vendus, á la curiosité : je suis allé voir les Ch'tis. Ce n'est pas un chef d'oeuvre de subtilité, mais au moins on se paye une bonne tranche de rigolade, pas tant d'ailleurs en raison d'un scénario relativement simple - mais efficace - que grâce au jeu trés juste et trés varié de Kad Merad. C'est lui qui porte le film, c'est lui qui fait marrer. Le reste, malgré ce qu'on peut trouver de qualités au film, n'est qu'une accumulation de clichés, qui font certes couleur locale dans ce film-lá, mais qui pourrait tourner  dans d'autres circonstances á du nationalisme ou á de la propagande, tellement la vision que Dany Boon 820058599.jpgnous offre de son Nord natal est monolithique et tellement le trait du sympathique et du positif est forcé. On avale sans broncher ces clichés (ou ces anti-clichés, ce qui revient au même) parce qu'ils sont enrobés dans du sucre candy.
 
La force du film, paradoxalement, c'est sans doute, justement, ce côté dichotomique, cette simplicité des relations : tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Ça fait effectivement un joli film, roboratif ; c'est complétement déconnecté de la réalité. C'est un film-Épinal et les images d'Épinal n'ont jamais prétendu décrire finement la réalité. On ne peut donc pas critiquer le film pour cette déconnection d'avec le réel, puisqu'il n'a pas cette ambition-lá.
 
C'est donc un peu comme le fameux chat de Schrödinger : Bienvenue chez les Ch'tis est tellement fait de grosses ficelles et d'humour peu subtil qu'il en est inintéressant car pas en phase avec le réel ; mais dans le même temps, il se passe un truc étrange, une rare alchimie sans doute, qui fait qu'on ne passe pas un mauvais moment. On rigole, on pleure presque aussi... La force du film, au-delá de tout aspect intellectuel, donc, c'est la précision du mécanisme émotionnel que Dany Boon actionne avec talent. Les séquences touchent presque á notre insu. Heureusement que ce miracle a lieu (choix des acteurs, ambiance de tournage, esprit de camaraderie, scénario efficace, etc.) On ressort plus humain, plus fraternel... et ça c'est la meilleure qualité pour une oeuvre populaire comme ce film qui parle au coeur plutôt qu'á la raison.

09 juin 2006

La Maison du BONHEUR

medium_La_Maison_du_BONHEUR.jpgJeudi o8 juin 2006. J'ai vu ce soir le premier film de DANY BOON, intitulé La Maison du Bonheur, aimable divertissement qui ne révolutionne pas le genre de la comédie, mais qui se laisse regarder, comme on dit. Ce film me rappelle du reste le métrage dans lequel jouait Carole Bouquet, sorti l'an dernier peut-être á la même période (les travaux d'été, c'est d'actualité), et qui s'intitulait sobrement Travaux. Ce film-lá m'avait assez fortement déçu, alors que celui de DANY BOON m'a fait au moins rire. Et puis j'y ai retrouvé avec grand plaisir l'actrice Michéle Laroque, qui campe une attachante traductrice dépassée par les impétieuses initiatives de son mari. On retrouve aussi avec plaisir Daniel Prévost, dans le rôle d'un agent immobilier escroc mais au grand coeur -- Prévost n'en fait pas trop dans ce rôle, á l'instar de tous les comédiens d'ailleurs. Les personnages sont assez réalistes, un poil caricaturaux, mais c'est le genre qui veut ça ; en revanche la façon proprement cauchemardesque dont les travaux se déroulent est un peu too much... Il faut voir l'état de la maison, véritable  champ de ruines  champ militaire chapeauté par deux ouvriers incapables qui sabotent tout avec une délectation innocente qui fait plaisir á voir -- on espére juste ne JAMAIS tomber sur des individus de la sorte ! Bref, pour ma premiére séance de ciné depuis pas mal de temps, j'aurais pu tomber plus mal... Par les temps qui courrent, un petit film rafraîchissant comme celui-ci, ça fait du bien par oú ça passe !