28 octobre 2009

Saucisse

28102009840.jpgIls l'ont fait ! Lorsque je vis l'épisode 4 de cette série tranchante, je m'étais bien dit que l'épisode 6 serait sans doute projeté en avant-première à Strasbourg... tout en doutant du fait que ladite série se poursuivrait jusqu'à l'épisode qui nous préoccuppe aujourd'hui... et qui me donne l'occasion de mettre ce BLog à jour. Vu le titre du film, nul doute que ça doit charcuter à tout va !

30 avril 2009

Brume Divine

electicmist.jpgSamedi 25 avril 2009 - Cela faisait longtemps, peut-être par manque de films réellement intéressants, que je ne vous avais pas causé cinéma Paris-ci... En ce samedi soir d'une journée finalement pas si pluvieuse que cela, ma Bergère et votre serviteur allâmes voir le dernier film de Bertrand Tavernier, Dans la Brume Électrique. J'en subis encore l'électro-choc, mon esprit errant entre deux eaux, entre deux époques, entre 110 et 220 volts... Toutes les louanges, je crois, ont été faites à ce film magnifique et hypnotique, je ne rajouterais donc pas mon commentaire dithyrambique à cette couronne de laurier. Mais tout de même ! Déjà, l'ambiance louisianaise et la musique Cajun, ça dépayse illico presto ; la BOF est sublime, notamment le dernier morceau, qui sert d'écrin-générique à ce film brut comme un diamant précieux. L'atmosphère louisianaise post Katrina est rendue avec tout le désespoir et l'apitoiement nécessaires, et Tavernier tresse le portrait en creux et en bosses (et ça cogne parfois dur dans ce film) d'un flic taciturne et droit, laconique et éthique, sorte d'Ange rédempteur blasé par la nature des Hommes, qu'il essaye par tous les moyens d'élever au-dessus de leur condition misérable. Le flic paye même de ses propres deniers deux filles prostituées afin qu'elles rejoignent un foyer où elles seront en sécurité. Et le plus beau, finalement, ce n'est pas tant ce geste d'une profonde empathie mais le fait qu'il le fasse de façon totalement désintéressée, sans attendre ni contrepartie ni remerciements ; amour inconditionnel, donc, concept très bouddhiste (mais pas que), soit dit en passant. Lui et sa femme se comportent également de cette façon-là, que j'ai trouvé très spirituelle, très belle : ils ne se jugent pas, se comprennent et s'acceptent sans condition. Pour moi c'est la clé d'une relation solide, bien comprise et durable. D'ailleurs ce film possède indéniablement une touche très spirituelle, et la meilleure preuve en est le personnage du Général confédéré - je signale au passage que le titre original du bouquin dont estbrume-elecrique.jpg tiré le film est The Electric Mist and the Confederate Dead - qui vient régulièrement distiller sa sapience et sa sagesse au pauvre flic désorienté. J'ai aussi beaucoup apprécié ces scènes un tantinet oniriques dans lesquelles les époques se superposent, les expériences humaines se mêlent, les regards éprouvés par la dureté de l'existence se croisent, l'ensemble étant baigné d'un hâlo de profonde humanité, encore une fois. Le film, finalement, propose une expérience spirituelle plutôt qu'il ne déroule la trame (bien ficelée du reste) d'une énième enquête policière ; et n'y aurait-il qu'une investigation policière en jeu que le film en tirerait son épingle, eu égard aux merveilleux paysages de Louisiane qu'il nous montre, à la musique inhabituelle qu'il nous fait entendre et à l'ambiance moite, blème et délétère dans laquelle il nous plonge sans états d'âme. Les états d'âme seront pour les spectateurs, après. Ce film est une expérience sensorielle totale, une plongée dans les tréfonds de l'âme humaine, avec ses pics ensoleillés et ses abysses oppressantes, un voyage onirique ou cauchemardesque dans une sale histoire aux relents racistes. A ce titre, les visions des soldats confédérés de la Guerre de Sécession sont tout à fait dans l'ordre des choses, d'une part parce que la Guerre de Sécession reste un pan inamovible et séminal de l'histoire américaine et d'autre part parce que précisément les fondements de la Guerre de Sécession (que les américains nomment the Civil War, tout simplement et de la même façon très directe dont ils s'approprient rapidement en les regardant en face les évènements tragiques de leur courte histoire) sont le racisme et les différences culturelles entre les nordistes et les sudistes... Bref, j'ai adoré ce film poisseux comme un swamp de Louisiane, j'ai ressenti de la compassion (dont le sens éthymologique est souffrir avec) pour le personnage de Dave Robicheaux, le flic désespéré et rédempteur, j'ai tapé du pied en écoutant la musique Cajun délicieusement bluesy et surranée et j'ai subit un véritable KO émotionnel consécutif aux ambiances plombées et au côté spirituel du film de Bertrand Tavernier, qu'il convient de saluer ici. Seul bémol, je ne trouve pas l'affiche française du film très inspirée, je lui préfère de loin l'originale, mais je vous laisse juger puisque je colle en illustration de cet article les deux versions.

13 février 2009

LOL

Vendredi 13 février 2009 | En ce jour toujours remarquable, mais qui ne m'a pas porté malchance (à moins que les conséquences néfastes d'icelui ne se matérialisent ultérieurement), je profitai d'une après-midi tranquille après avoir assisté à une formation à ma boîte (pour une fois, ce n'est pas moi qui en ai donné une) et être passé à ma nouvelle banque pour signer quelques documents. Je suis content de changer de banque, et je suis surtout content d'avoir dégoté une conseillère financière d'une gentillesse et d'une compréhension exceptionnelles. Vers 14 heures je fus de retour en mes pénates, pris une bonne douche et le temps de répondre à quelques courriéls, puis je retrouvai ma Bergère chez elle avant que de se mettre en route pour aller voir LOL au cinéma. LOL est un film de Lisa Azuelos, qui, chers lecteurs, n'est autre que la fille de... de... Marie Laforêt ! Et oui, on en apprend tous les jours !

LOLA.JPGLOL. Déjà, le titre est bien trouvé, il possède un côté espiègle et diablement dans l'air du temps. C'est que ce film cherche à capter l'essence de ce qui fait les adolescents aujourd'hui, leurs peines de coeur, leurs joies, leurs sorties un brin délurées, leurs passions... Et tout le long du film, on assiste à un déferlement de technologie : les objets techniques qui sont entrés dans nos vies (que ce soit téléphone portable, lecteur MP3, ordinateur portable ou messagerie instantanée) font ici partie intégrante du scénario, et facilitent le processus narratif, ce qui est par ailleurs bien trouvé. L'actrice qui joue LOL(a) est très juste, et que dire de Sophie Marceau, resplandissante ? Après La Boum, elle passe de l'autre côté du miroir générationnel, si l'on peut dire, puisqu'on se souvient qu'elle jouait une ado dans ce film culte pour beaucoup, mais que je n'ai pas vu moi-même. Bref, LOL c'est acidulé comme une sucette au citron ou un baiser volé, c'est frais comme l'innocence des jeunes d'aujourd'hui (que je connais vraiment peu, ceci dit), mais c'est aussi très parisien, comme me le fit justement remarquer mon accompagnatrice. Du peu que je connais desdits ados, je dirais que le mimétisme est pas trop mal rendu, que les attitudes sont bien observées, et que les situations sont peu ou prou réalistes. Évidemment, j'aimerais bien avoir votre avis, chers lecteurs, sur ce point : LOL est-il crédible dans sa tentative de figer une génération  - le film est à mon avis plus crédible sur la cible ado que sur la cible parents, même si Sophie Marceau est épatante, que les scènes mère-fille sont souvent touchantes (entre fusion et confusion, calins et chagrins) et reflètent bien l'aspect faussement paradoxal des relations intergénérationnelles ?

La musique est très sympa, beaucoup de morceaux originaux, et la chanson-titre reste bien en tête, mais sans déplaisir. La musique se devait d'être à la hauteur, puisqu'elle est omniprésente dans le film, que ce soit par le truchement de chansons partagées, de soirées musicales - et légèrement orgiaques ! - ou de concerts de rock auxquels se rendent en douce les ados, au nez et à la barbe, pour ainsi dire, de leurs géniteurs. De la difficulté d'être parent : à ce petit jeu, les plus laxistes ou les plus marxistes ne s'en sortent pas mieux que les plus rigides... Au final, c'est l'écoute et l'amour qui triomphe, et l'une des scènes qui m'a le plus ému, c'est lorsqu'un père que l'on pensait psycho-rigide se rend à un concert où joue son fils, et lui sourit dans la foule, de loin, fier. M'enfin, ce père-là a fendu l'armure très vite, et a viré sa cuti à la vitesse de l'éclair ! Mais la scène est belle. Et des beaux moments, il y en a plein d'autres... Les scènes qui se déroulent lors du voyage en Angleterre valent leur pesant de Jelly. Au bout du compte, j'ai quasiment pris ce film comme un documentaire, partiel et scénarisé, mais se voulant aussi crédible que possible dans le réalisme adolescent. Et je pose la question : à l'instar des films pour lesquels la production engage des experts afin de coller au plus près à la réalité, est-ce que la producton de LOL a recruté un panel d'adolescents pour valider les scènes et offrir un Label Ado au film ? L'histoire ne le dit pas !

 

29 août 2008

Happy Go Lucky

happygolucky.jpgVendredi 29 août 2008 | Vu au Balzac (mais sans le speech du directeur, tout fout le camp), le fort rafraichissant Happy Go Lucky, de Mike Leigh. L'histoire inénrarable d'une institutrice londonnienne un poil déjantée, à la (fausse) candeur contagieuse, dont on suit les aventures un brin loufoques : leçons de conduite improbables, soirées entre filles, idylle naissante... Un goût de bonbon à la menthe, de toffee anglais avec une deuxième couche, à la saveur plus profonde qu'il n'y paraît ; une analyse impressionniste de la société anglaise et des travers de l'âme humaine, par le regard naïf et frais d'une jeune femme de son temps, embringuée dans des histoires touchantes, sillonnant la vie dans sa voiture jaune canari assortie à ses états d'esprit toujours positifs... Excellent moment passé dans la grande salle du Balzac, cinéma dont on ne vantera jamais assez les qualités...

25 août 2008

DARK Knight

Lundi 25 août 2008 | Vu au cinéma, pour cause de temps libre et d'envie de retrouver le second épisode de la saga Batman-Bale, le film The Dark Knight, de Christopher Nolan. Quel film ! 2 heures 30 de noirceur extrème, de violence, de sensations fortes ! Un Joker inoubliable, un Batman qui n'a jamais été moins monolithique que dans ce volet sombre, une histoire qui tient la route, et surtout des références multiples à l'histoire récente des États-Unis : 11 septembre, réseau Échelon, raidissement du pouvoir et concentration de celui-ci, terrorisme. Toutes ces références donnent une profondeur à ce film, qui va batman-bibleman-poster.jpgdonc bien au-delà d'un simple blockbuster estival. Le bien contre le mal, toujours. Mais des personnages qui ne sont pas dichotomiques, qui suivent une évolution personnelle, qui souffrent, qui meurent, qui se sacrifient. C'est assez brillant d'un côté, et ça reste un pur divertissement avec toutes les règles du genre : scènes fortes, explosions à tout va, confrontations mémorables.

2 heures 30 qu'on ne voit pas passer. Et je me souviens de l'épisode 1, également réalisé par Christopher Nolan, et qui durait aussi quasiment 2 heures 30. Et qui fut tout aussi brillant. C'est une nouvelle naissance pour le Chevalier Noir de la galaxie DC Comics. C'est un film crépusculaire que ce Dark Knight, qui se prononce comme une nuit noire, comme un cauchemar sombre et anxiogène. Et que dire des personnages dits secondaires ? Le commissaire Gordon (Gary Oldman), le factotum de Batman, Alfred (Mickael Caine) et l'éminence grise qui fournit les équipements de l'homme chauve qui ne rigole pas, Fox (Morgan Freeman) ; on le voit, une gallerie impressionnante d'acteurs tous aussi bon les uns que les autres. Mention spéciale à l'acteur Heath Ledger, absolument exceptionnel dans le rôle du Joker, et qui éclipse carrément la composition de Jack Nicholson du tout premier Batman. Un Batman à ne pas manquer, que ce Dark Knight aussi sombre que jouissif.